L'auteur
L'ésotérisme: c'est son dada depuis l'âge de 14 ans. MARIETTE Cyvard n'a toutefois rien d'un farfelu ou d'un illuminé. Ce professeur de mathématiques, au collège George Sand de Béthune, a créé, le 16 mai 1981, en compagnie d'un groupe d'amis, le Centre de Recherche en Psychologie traditionnelle (CRP) dont les statuts ont été déposés en sous-préfecture, il y a une dizaine d'années. En savoir plus ...
|
|
Le Martinisme selon Gustav Lambert BRAHY |
|
|
(3057 mots dans ce texte ) -
lu : 3409 Fois
 Sous cette appellation, on désigne plusieurs courants de pensée philosophique qu'il importe de ne pas confondre.
A l'origine,
nous trouvons Martinez de Pasqually dont Gerard de Nerval dans son
livre “Les Illuminés” dit qu'il renouvelait simplement l'institution
des rites cabalistiques du XIème siècle, dernier écho de la formule des
gnostiques, où quelque chose de la métaphysique juive se mêle aux
théories obscures des philosophes alexandrins.
On a
beaucoup discuté, et on discute encore, des doctrines de Martines de
Pasqually; on sait surtout qu'il s'agissait d'une sorte de théurgie, de
science des évocations, donnant lieu à des manifestations ou
révélations métapsychiques auxquelles les partisans de Martinès
semblaient attacher un grand prix et une réelle valeur de directives
spirituelles. Martines était Maçon et avait créé en France quantité de
Loges selon son rite (Loges qu'on appelait Loges Martinistes), mais à
aucun de ses disciples il ne révéla complètement sa science
personnelle; c'est ce qui rend si difficile
la connaissance exacte de son enseignement. Joseph de Maistre, dans ses
“Soirées de St Pétersbourg” est d'avis qu'il s'agissait d'une sorte de
christianisme transcendantal, de doctrine originale des premiers
initiés chrétiens, impliquant une sorte de commerce avec des esprits
supérieurs, grâce auquel il était possible d'avoir accès à des
révélations de rare qualité. Les rites particuliers à cet enseignements
étalent pratiqués par des adeptes désignés sous le nom d'”Elus Cohen”.
C'est à
travers la personnalité de Martinès de Pasqually qu'apparaît celle de
Louis Claude de Saint Martin, qui naquit à Amboise, en Touraine, le 18
janvier 1743. De santé médiocre, plus porté à la méditation qu'à la vie
pratique, il fit d'abord des études de droit, mais perdit pied dans le
maquis le la procédure et quitta bientôt cette carrière pour adopter
celles des armes. On pourrait s'étonner de ce choix, qui ne semble
guère correspondre à sa nature fragile; mais le brevet d'officier au
régiment de Foix, qu'il reçut grâce au Duc de Choiseul, lut laissait
des loisirs qui lui permettaient de cultiver son goût de la philosophie
et ses aspirations spiritualistes.
On peut même
voir dans cette option soudaine pour le métier des armes un de ces
chemins détournés oue choisit souvent la Providence pour nous amener à
réaliser notre destin; en effet, c'est dans son régiment que Louis
Claude de Saint Martin fût amené à se lier avec un de ses officiers, Mr
de Grainville, qui était membre de la confrérie secrète fondée par
Martinès de Pasqually.
Rien
d'étonnant, par conséquent qu’aux environs d’octobre 1768, donc à l'âge
de 25 ans, Louis-Claude de Saint Martin soit initié lui-même dans les
mêmes Loges, fort probablement par le capitaine de Grainville et le
Chevalier de Balzac. Il reçut d’abord les trois degrés de Cohens à la
fois et puis d’autres par la suite.
Dès lors, il
entre de plein pied dans la pratique de la magie cérémonielle; il
s'agissait en fait de véritables conjurations, puisque les apparitions
ainsi provoquées étaient le résultat, non d'une médiumnité quelconque,
toujours passive, mais d'un véritable pouvoir d'évocation. Les
disciples de Martinès devaient s'efforcer d'obtenir par eux-mêmes des
phénomènes analogues, ce qui constituait sans doute pour eux le signe
d'une initiation véritable et valable.
Mais Claude
de Saint Martin avait décidément peu de dispositions pour la magie
cérémonielle et les rites qu'elle impliquait nécessairement. “Faut-il
tant de choses pour prier Dieu?” s'exclamait-il amèrement à l'adresse
de son Maître.Il déplorait aussi l'intervention d'esprits violents au
cours de ces cérémonies évocatoires.
Néanmoins,
de 1765 à 1771, il servit fidèlement de secrétaire à Martinès, ce qui
lui permit d'entrer en relations avec Willermoz, chef de la Loge des
Cohens à Lyon. En 1771, il quitta l’armée pour se consacrer à la vie
contemplative et à la diffusion de la vérité. Le I7 avril 1772, il fût
initié au grade de Rose-Croix.
L'année
suivante, il alla s'installer à Lyon, où il collabore étroitement avec
Willermoz. En 1775, il publie son premier ouvrage ” Des erreurs et de
la Vérité”, qui lui avait probablement été inspiré par les révélations
dont il avait pu bénéficier depuis plusieurs annéese auprès de Martinès
de Pasqually.
Mais, de
même que Claude de Saint Martin s'était éloigné progressivement de son
Maître Martinès de Pasqually, de même, il diverge bientôt d’opinion
avec 'Willermoz. Ce dernier était partisan du travail collectif, tandis
que lui pend de plus en plus pour l'initiation individuelle. Peut-être
sa nature passive répugne-t-elle aux complications des assemblées
cérémonielles, mais il était surtout rebuté par le rigorisme des rites
maçonniques auxquels Willermoz restait profondément attaché. C'est à
cette époque qu'il décide de se consacrer à la diffusion de ses idées
dans la belle société de l'époque.
Peut-être,
dans cette société assez superficielle, se trouve-t-il soumis à
certaines tentations? Il renonça en tout cas à deux projets de mariage,
pour lesquels il ne se sentait décidément pas une vocation spéciale.
“Mille expériences, écrit-il, m'ont appris qu'en vain le sort tenterait
de me lier à lui et que je n'étais né que pour une seule chose.
Heureux, ajoute-t-il, si les circonstances n'eussent pas laissé si
souvent ma faiblesse à elle-même, et ne m'eussent pas exposé par là à
descendre au lieu de monter comme je n'aurais dû cesser de le faire.”
Sans doute Louis-Claude de Saint-Martin a-t-il connu vers cette époque
l'inévitable conflit de conscience que doivent affronter tous les
spiritualistes, celui qui oblige impérieusement à choisir entre ta
matière et l'esprit, et qui nous fait passer par de cruelles
alternatives de triomphes et de faiblesses.
Vers 1777,
Louis-Claude de Saint Martin s'installe à Paris et fréquente beaucoup
la noblesse de 1’époque. Martinès de Pasqually est mort entre-temps, en
1774 à la Martinique, et son successeur, Caignet de Lester disparaît
également en 1779, sans qu'on sache qui lui succédera.
En 1784,
notre Philosophe Inconnu s’inscrit à la Société occulte fondée par le
fameux Mesmer; il habite alors rue de Seine, à Paris, au numéro 72.
Mais, en I785, il repart pour Lyon rejoindre Willermoz, qui vient
d'obtenir des résultats transcendants dans ses opérations théurgiques ;
en effet, près de cent cahiers d'enseignements lui ont été dictés par
celui que l'on appelle “l'Agent Inconnu”. Mais Saint Martin, après un
moment d'enthousiasme total, passe par des crises de scepticisme
relativement à la valeur de ces enseignements d’où des nouveaux
conflits de conscience.
En
I787, i1 est à Londres, chez le Prince Galitzine par qui le Martinisme
va pénétrer en Russie; puis, après de brefs séjours à divers endroits,
notamment en Italie, on le retrouve à Strasbourg en I788, où il va
subir l'influence de Swedenborg et, surtout, de Jacob Boehme. C'est en
juillet I890 qu'il demande à être rayé définitivement des registres de
la Maçonnerie.
Il fait
alors la connaissance d'une femme remarquable et beaucoup plus âgée que
lui, Mme de Boecklin. Il ressentira pour elle une affection platonique,
une admiration profonde qui l’amèneront à entretenir longtemps avec
elle une correspondance suivie.
Mais la Révolution éclate; il est exilé de la capitale et retourne à Amboise, où son père vient de. décéder en 1793.
Il est
cependant nommé à Paris comme bibliothécaire des livres nationaux ce
qui convient parfaitement à son tempérament. Il va à un moment donné
devenir suspect aux
autorités du
moment, et un mandat d'amenéfût lancé contre lui. Il ne dû son salut
qu’à la chute de Robespierre. Il passa les dernières années de sa vie à
écrire ses ouvrages et à traduire Jacob Boehme. Il mourut d'une attaque
d'apoplexie à Aulnaye, près de Sceaux, le 13 octobre 1803, à l'âge de
60 ans.
Voici les principales oeuvres de Claude de Saint Martin
-Des erreurs et de la vérité, en I775,
-Tableau naturel des rapports entre Dieu, l'homme et l'univers, en ?
-L'homme de désir, en 1790,
-De l'esprit des choses, en 1800,
-Considérations sur la Révolution française, en I795,
-Le crocodile ou la guerre du bien et du mal, en I799,
-Le ministère de l'homme esprit, en 1802, etc.
On voit donc
que Claude de Saint Martin est seul à avoir laissé un enseignement
écrit, alors que l'enseignement de Martinès de Pasqually est demeuré
secret et mystérieux,
Néanmoin du
fait que ces deux êtres ont été réunis dans la même idée spirituelle,
du fait que Saint Martin a été fortement influencé par Martinès, une
confusion s'est établie entre eux; et c'est pourquoi l'étiquette de
Martiniste est souvent appliquée sans discernement aux disciples de
l'un et de l'autre.
Il y a pourtant entre eux des différences essentielles qu'il est important de noter:
Martinès de
Pasqually est avant tout un opératif, un mage, en même temps qu'un
maçon. Saint Martin est plutôt un mystique, et s'est retiré de la
maçonnerie. Le Premier prône le travail en groupe; le second est
partisan de l'initiation de Maître à disciple, sans témoins. On voit
qu'il y a là des différences de vues appréciables, voire
inconciliables. C'est pourquoi le mouvement qui s'inspire surtout de
Martinès de Pasqually est désigné sous le nom de “Martinésisme”, tandis
que l'appellation de “Martinisme” est réservée plus strictement aux
continuateurs de la doctrine de Saint Martin.
I1 est
évident que le mouvement d’idées, appelé martinisme,sous l’une de ces
deux formes existait de temps de Saint Martin. Peut-être même était-il
le prolongement dans le temps d'un certain « Ordre des Supérieurs
Inconnus » sur lequel on ne possède que de vagues données. Mais ce
qu'on désigne aujourd'hui sous le vocable “Ordre martiniste” est une
création du célèbre Papus dont le génie adaptateur comprit tout le
prestige d’une confrérie se réclamant d'un Maître dont le nom rappelait
de façon aussi directe la légende du Saint qui, jadis
donna la
moitié de son manteau à un mendiant. Mais, du coup, Papus se trouva
amené à mélanger certains principes du martinésisme avec ceux du
martinisme proprement dit.D'où la confusion s’en est trouvée accrue
pour le profane. L’initiation était qui était libre chez Saint Martin
reprenait avec Papus l’allure maçonnique qu'elle revêtait chez Martinès
de Pasqually. Et, bien que le Martinisme de Papus n'ait jamais fait
l'objet d'une doctrine grécise et cohérente, il s'y mêla inévitablement
certains rites opératifs dont Louis Claude de Saint Martin s’était
lui-même détaché.
A remarquer
aussi que les femmes, qui étaient exclues des Loges de Martinès de
Pasqually, furent admises dans l'Ordre Martiniste de Papus. Claude de
Saint Martin partait en effet de l'idée que la femme a une âme tout
comme l'homme, et est donc son égale. A cet égard, il est piquant de
constater que la filiation initiatique qui va de Louis-Claude de Saint
Martin à Papus passe par la Marquise Amélie de Boisse Mortemar.Il
serait donc impossible de se rallier aux exclusives de Martinès sans
saper complètement l'édifice de l'Ordre Martiniste. Mais il est
toutefois permis de se demander qui des deux, Martinès ou Saint Martin,
était dans le vrai. Il faut noter en effet que l'Eglise catholique
elle-même écarte les femmes de l'exercice du culte. II y a à cela des
raisons purement occultes qui ne peuvent en aucune façon impliquer pour
la femme un état d'infériorité. En effet, dans ce monde physique, la
femme est lunaire et passive; son rôle est donc limité à la fécondation
des germes et des idées, et sa nature même l'empêche de transmettre la
force créatrice puisqu'elle n'en est pas porteuse. Mais il en ira
autrement sur le plan astral, où la femme est positive et 1'homme
négatif. C'est pourquoi l'initiation est généralement réservée
exclusivement à l'homme; quoiqu'on pourrait peut-être admettre que la
femme soir initiatrice dans des Loges purement féminines.
Por être
complet, il faut épingler quelques réflexions de Claude de saint Martin
à propos des femmes et de leur admission au Martinisme. “La femme,
écrit-il, m'a paru être meilleure que l'homme, mais l'homme m'a paru
plus vrai que la femme.” Et ceci encore: “Je persiste dans l'opinion
que les femmes doivent être en petit nombre chez nous et, surtout,
scrupuleusement examinées.” Et ceci pour finir: “Les grandes vérités ne
s'enseignent bien que dans le silence, tandis que tout le besoin des
femmes en question est que l'on parle, et qu'elles parlent; et alors
tout se désorganise; comme je l'ai éprouvé plusieurs fois.”
Ces
réflexions du Philosophe inconnu ne seront sans doute pas agréables aux
oreilles féminines; mais elles sont compensées par le fait que Saint
Martin a profondément subi tout au long de sa vie l'influence féminine
et cette sorte d'envoûtement angélique que provoque le contact de
certaines femmes particulièrement évoluées.
Mais il est temps d'examiner en quoi consiste l'enseignement de Louis Claude de Saint Martin.
L'idée
essentielle qui s'en dégage est celle de la réintégration finale de
l'homme au sein de la divinité. L'homme a été créé par Dieu à son
image, et avec les mêmes pouvoirs; mais il aurait dû ne jamais oublier
son origine divine, et sa dépendance naturelle vis à vis de son
créateur. Mû par l'orgueil de sa puissance, il fut amené à crées des
êtres inférieurs à lui-même, qui lui seraient entièrement subordonnés;
c'est ainsi qu'il se trouva entraîné de plus en plus dans la matière,
et par conséquent dans la chute. Ce n'est qu'en se dégageant de la
matière qu'il parviendra à reconquérir son essence divine. Pour cela,
il doit donc chercher à se transformer moralement, de façon à assurer
la prédominance de l'esprit sur l'instinct. Nous retrouvons ici le
thème fondamental de toutes les sociétés occultes et initiatiques.
Le
Martinisme s'adresse donc à des êtres déjà assez évolués, où en qui, en
tout cas, dominent la spiritualité. Ceci limite déjà ses possibilités
de recrutement.
Au surplus,
l'Ordre martiniste actuel laisse à chaque groupement la faculté de
définir les moyens et les règles qui doivent concourir à la réalisation
de son but philosophique. Aucune doctrine détaillée et cohérente n'a
jamais, à ma connaissance, été établie, sauf en ce qui concerne les
Rituels; de telle sorte que cette lacune ajoute encore aux difficultés
d'organisation.
On peut se
demander à cet égard si le Martinisme n'aurait pas dû rester, comme du
temps de Saint Martin, une école d'initiation libre, ce qui exclut dès
lors toute idée de groupement organisé. Evidemment, l'initiation libre
a conduit à la création de multiples loges martinistes, la plupart
maçonniques, avec tous les excès et les inconvénients que pareille
prolifération aussi anarchique peut provoquer. Mais c'est sans doute
pour tenter de remédier à cet essaimage anarchique que Papus créa
l'Ordre Martiniste, qui imposait tout au moins à ses adhérents un
minimum d'organisation et une discipline, en même temps que les
avantages du travail en commun.
Les successeurs de Papus imposèrent chacun leur cachet personnel à cette organisation, à ses formes et à ses rites.
Aujourd'hui,
la tendance est de donner l'indépendance aux Groupes martinistes qui,
dans chaque pays, ont fait preuve d'une maturité d'esprit suffisante.
C'est le cas depuis cette année pour le mouvement martiniste belge.
Pour
reconstituer plus en détail la doctrine philosophique de Saint Martin,
il faut lire ses ouvrages et ici encore, on se heurte à une nouvelle
difficulté. En effet, le style de Saint Martin est lourd, abstrait et
au total assez pénible. Le français du 18ème siècle a au surplus des
résonnances différentes du français moderne. La lecture du Philosophe
Inconnu est donc assez rebutante et décourage pas mal de gens. C'est
d'ailleurs pourquoi il eût été extrêmement utile que quelqu'un pris la
peine de décortiquer l'essentiel de ses oeuvres.
Certains,
comme Robert Amadou, et André Tanner, s'en sont occupés; mais personne
à ma connaissance n'a encore tenté la synthèse de son oeuvre sous une
forme claire et structurée. L'accès de la compréhension à la pensée de
Louis Claude de Saint Martin reste donc toujours difficile, et l'on n'y
parvient que lentement, à force d'application et de persévérance.
Il faudrait
d'ailleurs, pour comprendre toute l'oeuvre de Saint Martin, posséder
toutes les clefs qui lui donnent accès. Son livre sur les nombres, par
exemple, peut-être considéré comme un
des
monuments de l'occultisme. Faut-il noter également que son Tableau
naturel comporte 22 chapitres, ce qui nous rappelle étrangement les 22
lames du tarot?
Tanner
résume assez bien dans les lignes suivante la doctrine de Saint Martin:
“C'est, dit-il, un moraliste, mais d'une espèce assez particulière, à
cause du tour occulte de sa pensée, qui veut qu'éthique et connaissance
soient étroitement liées. En effet, dès que la connaissance est jugée
possible, le bien ne saurait consister en la soumission pure à un
impératif quelconque. L'homme, ici, s'élève à la connaissance de la loi
et se rend ainsi capable de créer en toute liberté, en toute
responsabilité, mais selon elle, des valeurs morales individuelles. Le
devoir est alors comme le voulait Goethe, où l'on aime ce que l'on
s’ordonne à soi-même. Sans que cela soit jamais formulé de cette façon
chez maint Martin, l'on sent pourtant à chaque pas que son effort
éthique s'oriente vers la connaissance et la liberté, et l'action
vivifiante du Désir le sauve généralement du moraliste.”
Il faut,
pour terminer, définir ce que Saint Martin entend par l'expression «
désir », et « l’homme de désir ». Le désir, dit-il, est le propre de
l'homme, le signe de sa misère et de sa grandeur. Le désir, c'est le
sentiment douloureux de ce qui sépare l'existence de l'essence, et la
nécessité de les unir. Le désir, pour Saint Martin, c'est l'aspiration
douloureuse de l'homme déchu vers le retour à sa condition première.
N'est-ce pas là la marque la plus évidente de la spiritualité, celle
qui admet son imperfection provisoire, sa dépendance entière vis à vis
du ciel, mais qui sait que la prière élevée vers Lui est, comme
l'échelle de Jacob, le moyen le plus sûr et le plus efficace pour
s'élever et regagner progressivement le monde de la Divinité ?
A
travers les paradoxes et les contradictions, cette profession de foi
demeure la formule la plus sûre peur nous ouvrir le chemin de la
Réintégration.
Voici un
texte du Philosophe Inconnu, Louis-Claude de Saint Martin, à propos des
symboles mythologiques; il serait difficile, me semble-t-il, de mieux
définir la portée exacte du “signe”:
“En aucun
temps, chez aucun peuple, on n'a vu faire usage de figures plus belles
et glus nobles que les choses figurées. Ne serait-ce pas renverser
toutes les notions que nous avons de la marche de l'esprit de l'homme
que de prétendre qu'il a employé le supérieur pour l'emblème de
l'inférieur, et qu'il a imaginé des symboles et des hiéroglyphes plus
élevés et plus spirituels que ceux l'objet qu'il voulait désigner? “
“N'est-il
pas certain, au contraire, que le vrai but de l'emblème est de voiler
aux yeux du vulgaire quelques vérité, dont l'abus ou la profanation
serait à craindre si elle était révélée; de faire en sorte qu'il soit
difficile à celui qui n'est pas digne de cette vérité de la découvrir
et d'y remonter par l'emblème, tandis que ceux qui sont heureusement
disposés apercevront d'un coup d'oeil tous les rapports qu'il renferme.”
“N'est-il
pas certain aussi que les symboles et les hiéroglyphes sont des
tableaux ou des signes destinés à rendre sensibles au plus grand nombre
les vérités et les sciences utiles, et à les faire comprendre à ceux
dont l'esprit borné ne pourrait les apercevoir, ni en conserver le
souvenir sans le secours de ces signes grossiers ?”
N'est-ce pas là une splendide introduction à l'étude de l'alchimie? Comme aussi de l'astrologie ?
Gustave-Lambert BRAHY
Retour à la sous-rubrique :
|
|
|
Radios
 Ecoutez "Fréquences Relaxation" 
Ecoutez "Healing Music Radio"  
Article du Jour
Il n'y a pas encore d'Article du Jour.
Activité du Site
Pages vues depuis 01/09/2007 : 1 332 531
- Nb. de Membres : 158
- Nb. d'Articles : 5
- Nb. de Forums : 0
- Nb. de Sujets : 4
- Nb. de Critiques : 0
Top 10 Statistiques
Philosophe_Inconnu
EzoOccult
|