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Deuxième
point de vue:
Sous l'appellation de
"Martinisme", on désigne plusieurs courants
philosophiques qui ne sont pas nécessairement de même
tendance, mais qui se réfèrent, soit à l'enseignement de
Louis-Claude de Saint Martin, soit à celui de Martinès de
Pasqually.
Louis-Claude de Saint
Martin fut d'abord le disciple, puis le secrétaire de Martinès
de Pasqually ; il fut Maçon comme ce dernier, mais il se
lassa vite des expériences à mi-chemin de la magie et du
spiritisme - auxquelles son Maître se livrait, et qui
donnaient trop souvent lieu à des déceptions. Tous
deux professaient cependant cette doctrine que l'homme est une
étincelle émanée de Dieu, qui doit chercher à opérer
aussi rapidement que possible sa réintégration dans sa
nature originelle.
Ce qu'on appelle l'ORDRE
MARTINISTE ne doit pas être confondu avec le mouvement
martiniste considéré en général. C'est Papus qui
fonda cet Ordre en se référant à Louis Claude de Saint
Martin bien plus qu'à Martinès de Pasqually. Il n'y
avait jamais eu d'Ordre Martiniste du temps de Louis Claude de
Saint Martin.
L'Ordre Martiniste n'est
pas, ou n'est plus, une Société secrète. Il groupe un
ensemble d' “hommes de désir” - selon l'appellation
de Louis Claude de Saint Martin - c'est-à-dire d'hommes de
bonne volonté mus par le désir de réintégrer consciemment
leur patrie céleste.
Contrairement à Martinès
de Pasqually, qui prétendait obtenir des révélations par
des opérations magiques, fort maigres en résultats, et qui
tentait même parfois, avec une dangereuse suffisance, de
faire de la théurgie, Papus engagea l'Ordre Martiniste dans
ce qu'on appelle “ la voie cardiaque ”, par
opposition à la “ voie opérative ”. Sans
verser dans un mysticisme qui peut devenir une cause de déséquilibre,
Papus préconisa essentiellement le recours à la prière.
Pour lui, en effet, une prière
sincère et désintéressée donne généralement des résultats
visibles, et sans qu'il puisse en résulter pour l'intéressé
un danger ou un risque quelconque. Tandis que la voie opérative,
qui vise à commander aux forces et aux êtres de l'invisible,
expose le néophyte aux plus grands dangers.
Ce n'est que pour autant
que le mage ait acquis un parfait contrôle de lui-même qu'il
peut se risquer à des opérations magiques. Encore
doit-il pour cela subir une préparation physique terriblement
pénible et exigeante. Des exemples fameux en font foi.
L'Ordre Martiniste de Papus
enseigne donc de quelle façon orienter sa vie pour accélérer
son évolution, et retrouver ainsi l'état divin.
Vu sous cet angle, le
Martinisme est donc une Ecole qui se doit d'initier ses
adeptes aux mystères des mondes parallèles et des genres de
vie qui y correspondent ; si cette Ecole préconise pour
cela certaines disciplines, c'est parce que ces disciplines
sont indispensables pour se préparer utilement à passer
d'une vie à l'autre et, notamment, à franchir heureusement
le cap qui mène à ce qu'on appelle l'Au-delà. Un
Au-delà qui est bien différent de ce que certaines religions
prétendent, sous le couvert de révélations faites à la
mesure de notre petitesse humaine.
Puisque nous faisons
allusion aux religions, notons ici que le Martinisme n'est pas
inféodé à un culte quelconque, et que tout adepte sincère
d'une religion ou d'une philosophie quelconque peut y être
admis. Mais il va de soi qu'il reconnaît l'existence
d'un Etre ou d'une Puissance suprême, tout en refusant de lui
donner une forme ou un nom. La petite, et presque
insignifiante, partie du Cosmos que nous sommes ne peut évidemment
pas accéder à la connaissance et à la conscience de cette
Energie souveraine, qui régit tout sur notre terre et dans
les plus lointaines galaxies.
L'enseignement martiniste
vise à faire comprendre que le monde dans lequel nous vivons
est une pure illusion, au delà de laquelle on peut percevoir
la seule réalité qui compte. Il explique comment la
possibilité d'autres mondes - et par conséquent d'autres
vies - existe dans ce même espace où nous passons notre
existence. Il explique comment nos désirs et nos émotions
nous limitent et nous emprisonnent, et comment notre volonté
- qu'il ne faut pas confondre avec ce qu'on appelle couramment
“ notre caractère ” - peut, combinée avec
notre intelligence et notre connaissance du réel,
nous libérer de la matière, et par conséquent de la chaîne
des vies successives à laquelle l'homme ordinaire, l'homme
non éveillé, est douloureusement attaché.
Une fois que cette vérité
est comprise - et cela demande nécessairement un certain
temps - tout s'éclaire, la vie devient quelque chose de
valable et qui ne vous déçoit plus.
Il y a trois étapes dans
la formation martiniste ; les deux premières sont préparatoires ;
la troisième mène à la maîtrise, le candidat devenant dès
lors un S.I., abréviation de ce que l'on nommait autrefois un
“ Supérieur Inconnu ”, mais que l'on traduit
plus modestement aujourd'hui par le titre de “ Serviteur
Inconnu ”. Ce qui montre bien que le but final de
la formation martiniste est de servir. Car servir, c'est
aimer, et l'amour sous toutes ses formes est le ciment qui
unit les hommes les uns aux autres. Dans l'amour charnel
et banal, ce ciment est de qualité inférieure et se désagrège
généralement assez vite ; mais sous la forme de l'amour
social et cosmique, il constitue un symbole de l'éternité.
Cette profession de foi
peut sembler à certains un peu irréaliste ; elle est évidemment
très absolue, très exigeante. Mais n'oublions pas
qu'elle représente la doctrine qui régente, non seulement
les choses de cette vie, mais celles qui sont au-delà ;
et que le but final qui est visé n'appartient pas à notre
existence actuelle, mais à une plus longue échéance.
Dès lors, disons-nous bien qu'à chaque jour suffit sa peine,
et que, n'étant que des hommes faillibles et imparfaits, il
serait dérisoire que nous cherchions à devenir des anges.
“ Qui veut faire
l'ange fait la bête ”, dit le proverbe ; si donc,
nous cherchons simplement à évoluer, de notre mieux, et
petit à petit, nous aurons finalement accompli un progrès
appréciable quand viendra l'heure de faire notre bilan,
c'est-à-dire la prise de conscience de ce que, dans cette
vie, nous aurons fait de bien ou de mal.
Qu'on ne crie surtout pas
à des vues utopiques ou irréalisables, à des conceptions nébuleuses.
Le candidat qui nous fera confiance s'en convaincra
rapidement.
Bien qu'il lui sera demandé
de fournir un travail personnel, il sera puissamment aidé par
les réunions en commun, au cours desquelles chacun se sent
fortifié par l'exemple et la communauté de foi qui les
anime.
Mais il reste toujours évident
que le succès de l'œuvre dépend des efforts personnels que
chacun y apporte. C'est pourquoi la fidélité et la régularité
sont exigées de chaque membre. C'est pourquoi également
chacun est invité à méditer le grand précepte qui est la
base de tout enseignement initiatique :
SAVOIR, VOULOIR,
OSER, SE TAIRE.
Quelques idées
importantes:
-
Le Martinisme est un
courant d'idées, de philosophie, une approche des
rapports créé - créant, qui tient une place à part
dans le courant illuministe du 18ième en général.
-
Prestigieux, il l'est
par la personnalité de ses inspirateurs et surtout de
Louis Claude de Saint Martin et de Martinès. D'où
polysémie : Saint Martin, Martinès, Martinisme,
Martinésisme, Papus, Dr. Encausse, Philippe de Lyon, Maître
Philippe, Philippe Encausse, etc.
-
Le courant Martiniste
doit son nom à ses inspirateurs qui ne créerent pas
l'Ordre Martiniste.
-
Il est un regroupement
des idées, des gestes, épars dans la mouvance écossiste,
templière, cohen et réaux-croix. Le seul ordre crée
par Martinès fut l'Ordre Initiatique et Kabalistique
de la Rose + Croix (Ashmole 1646), à ne pas confondre
avec les Rosi-Cruciens.
Quelques noms importants
:
-
Willermoz, Martinès,
Saint Martin.
-
Le Docteur Gérard
Encausse, occultiste, médecin, mage, et ensuite illuminé
(voie cardiaque) suite à l'influence de Maître Philippe
(Joseph + Marie). Papus (étudiant, occultiste, cabaliste,
initié, combattant, bienfaiteur).
Faits historiques
importants :
-
Il y aurait filiation
depuis Louis Claude (Delaage - Papus, Abbé de la Noue,
Chaboseau - Téder).
-
La réorganisation 1950
- 1963.
-
L'Union des Ordres
Martinsites, leur fusion, la dissolution des Cohen, de
l'Ordre Martiniste Initiatique, de l'Ordre Martiniste
Rectifié. Philippe (Jean) succède à Dupont.
Irénée, Philippe, Emilio + Docteur Moulinjeune (+1984),
Emilio seul.
Remarques:
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L'Ordre est une entité
administrative (loi de 1901), l'Ordre est donc discret et
non plus secret.
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Belgique: 1926
Dantine + Mallinger, Ehlers (clandestin 40-45), Brahy,
Leruitte.
-
L'Ordre Martiniste
n'est pas Maçon, il travaille comme la Maçonnerie :
rituel, bâtir un Temple , un Homme.
Comment doit donc se définir
le Martinisme ?
Comme une doctrine
personnelle qui n'est ni la Gnose (Eglise Gnostique), ni la Maçonnerie,
ni quoi que ce soit d'autre. Cette doctrine prêche
simplement la fidélité à la Voie Cardiaque par la prière,
la méditation, la charité et la discrétion. Mais pas
discrétion à base de méfiance mais discrétion qui consiste
à ne pas gaspiller les enseignements reçus ou recoltés de
façon à ne pas les exposer à la critique et aux sarcasmes.
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